Article du journal Info en Avril 2015 :

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 Article dans la Montagne en novembre 2014 :

 

 Article Ulule dans la Montagne octobre 2014 :

 

 

Article dans REPORTERRE: du 7 février 2014

http://www.reporterre.net/spip.php?article5252

 

 

 

 

Article dans le HORS SERIE de Alternatives Economiques "La fabrique de l'innovation sociale" juin 2013


Le Biau Jardin : le temps au bio

L'idée : modéliser une entreprise de maraîchage bio avec une mission d'insertion sociale et professionnelle

Le Biau Jardin a trouvé son inspiration chez Les Jardins de Cocagne. Il en fut un durant les premières années avant de prendre une voie parallèle. Le Biau Jardin arpente la voie du marché concurrentiel, tout en organisant son activité autour de sa mission d'insertion et d'un mode de gouvernance qui donne la place à la collectivité des parties prenantes, à commencer par les consommateurs. Le Biau Jardin est une société coopérative d'intérêt collectif (Scic) depuis 2005.

Développement et perspectives

Quatorze hectares de maraîchage, 950 paniers de légumes livrés chaque semaine, une boutique de vente directe de produits locaux et 20 salariés dont 9 en insertion pour faire tourner l'entreprise. Le profil de l'entreprise d'insertion Le Biau Jardin en fait déjà une PME agricole. "En début d'année nous avons toujours un gros besoin de fonds de roulement pour lancer la production de printemps. Or, fin mai, alors que 6 hectares ont été plantés, la météo fait qu'on a pas de légumes à mettre dans les paniers", explique, soucieux, Gilles Lebre, le directeur du Biau Jardin.

Pour assurer une relative continuité de livraison, Le Biau Jardin complète ses paniers avec des produits venant de l'extérieur. Environ 15 % des légumes, sur l'année, sont produits ailleurs que sur le jardin auvergnat, mais "40 000 euros de légumes sont aussi vendus en période de haute saison", précise Gilles Lerdre. Et la provenance des légumes est clairement identifiée pour le consommateur. C'est une question de choix, explique-t-il : "soit nous vendons des produits qui ne sont pas d'ici pour compenser les périodes de soudure, soit les clients vont acheter en grande surface", remarque- t-il. Stabiliser l'activité répond aussi à une nécessité économique, la masse salariale n'évolue pas d'une saison à l'autre, car les postes d'insertion sont permanents. Les pertes de chiffre d'affaires sur les périodes creuses en production posent donc une vraie difficulté.

Par ailleurs, environ un tiers des salariés en insertion envisagent de se lancer dans l'agriculture, suite à leur passage. Le fait qu'ils évoluent dans une entreprise dont 90 % du résultat provient de la vente de ses produits contribue ainsi à leur formation en leur permettant d'évaluer les choix commerciaux à faire afin d'équilibrer l'activité.

La création d'une boutique sur le site de production participe du même principe. "La plupart veulent faire du circuit court quand ils seront installés. Mais s'ils sont au point sur la production, beaucoup manquent de pratique en gestion de caisse, en relationnel", explique le directeur. Les salariés en insertion répartissent leur temps de travail entre les jardins et la boutique afin de gagner d'autres compétences que la gestion des cultures.

En 2005, Le Biau Jardin s'est transformé d'association en Scic. Ce changement de statut fut vécu comme une mise en cohérence entre l'objet social de l'entreprise, fortement imprégné d'un esprit collectif, et son statut. L'entreprise, avec ses impératifs de gestion et d'équilibre financier, devait pouvoir faire participer ses différents partenaires. Au premier rang desquels nous retrouvons les consommateurs venus acheter un panier de légumes et partager une démarche ; ils sont ainsi 150 à être devenus sociétaires de la Scic.

La contribution bénévole de ces sociétaires est l'une des spécificités du Biau Jardin. "Nous étions Jardin de Cocagne et nous avons gardé la pratique du panier, du lien au consommateur", explique Gilles Lerdre. Le bénévolat se formalise notamment dans une commission sociale qui réunit des particuliers sur une mission d'assistance à l'action d'accompagnement social. Par ailleurs, les 40 points de dépôts de paniers sont gérés par les bénévoles, ainsi que des appuis sur la gestion, la communication ou encore la vente en boutique. "Nous tentons de trouver un équilibre entre l'entreprise, qui équilibre ses comptes, et l'association, qui anime un projet collectif. La Scic nous permet cela", conclut Gilles Lerdre.
L'organisation

La Scic est dotée d'un conseil d'administration composé de cinq consommateurs, quatre salariés, un représentant de collectivité et deux représentants des réseaux (l'un du secteur de l'insertion, l'autre des producteurs de l'agriculture biologique) ainsi qu'un représentant du collège des investisseurs.

L'impact global

De par son importance dans la production bio locale, Le Biau Jardin est l'un des acteurs significatifs de la filière. Il a également été impliqué dans la création d'une autre Scic, Auvergne bio distribution qui est une plateforme d'approvisionnement en produits bios et régionaux à destination de la restauration collective.


http://www.alternatives-economiques.fr/le-biau-jardin--le-temps-au-bio_fr_art_1223_64297.html