Nous vous partageons en ce mardi de juin, un petit article paru dans le 142ème numéro de #LAgeDeFaire (périodique mensuel qui traite des thèmes de l’écologie, de la citoyenneté et de la solidarité, au niveau local comme international et approuvé par nous ).
Article de Mireille Bouteyre ayant comme sujet #LEJARDIN
Bonne lecture !
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"Maintenant que votre jardin est en place, ou presque, il ne suffit pas de s'asseoir pour regarder pousser vos beaux légumes, même si parfois, la tentation est grande.
Admirer la lenteur du végétal me paraît souvent plus gratifiant que la vue de nos petites sociétés humaines agitées et névrosées...bref, il reste du boulot, et pas le moindre : à nous le désherbage ! J'en vois déjà font grise mine, considérant cette tâche comme et peu valorisante. 
Forte de trente ans de maraîchage, je trouve qu'au contraire c'est une activité très zen, au plus près de nos chères plantes qu'on a semées, élevées... et que c'est bien là le minimum de continuer à les chérir en leur garantissant espace et lumière. Et puis, c'est aussi un bon moment pour apprendre à reconnaître les dites "mauvaises herbes", car au milieu du liseron ou du chiendent se glissent toujours quelques originales, avec des petites fleurs magnifiques...
Parfois même, ce sont des comestibles dont on peut agrémenter soupes et salades.

Une demi-heure par-ci, une heure par-là, continuons donc de fréquenter le jardin.
Pour prévenir notamment les invasions qui rendent la tâche beaucoup plus difficile. Sur un semis de carottes, longues à germer, il est possible de sarcler avant la levée : il suffit d'avoir été rigoureux dans le traçage des lignes et d'avoir laissé la bonne distance pour la sarclette. En y allant doucement, vous éliminez la plupart des herbes naissantes, et il ne vous reste plus qu'à les enlever sur le rang quand les carotte sont bien sorties, dix à quinze jours plus tard.
Même chose pour les betteraves, les navets, tous les petits semis délicats. Par contre, évitez les griffages en surface s'ils ne sont pas en répétés, car vous favorisez la germination de toutes les graines contenues dans les premiers centimètres du sol.
Bien sûr, pour toutes les plantes qui le permettent, il y'a le paillage, nous en avons déjà parlé. Un des avantages, et pas des moindres, c'est qu'il permet aussi l'arrachage de vivaces amoindries par le manque de lumière, qu'on déterre d'autant plus facilement que le sol est resté souple. Et puis toujours se souvenir que le premier désherbage, c'est avant le semis ou la plantation, à la préparation du sol : le temps que vous "perdez" à enlever patiemment chaque bout de liseron, de chardon, de potentille (Ah ! la potentille !) est largement compensé quand vous revenez vers vos plantes en place.

Bon, et puis sinon, il y a le Roundup...Si, si le jeudi 16 mai a été présenté un rapport parlementaire, pur nous informer que la névrosé contre cet excellent produit était une spécialité française, et qu'il y avait bien pire comme cancérigènes : la viande et la charcuterie ! (Je vous jure, allez voir, c'est un sénateur qui le dit. D'ailleurs il doit être céréalier, pas éleveur...)

Et bien moi quand je vois ça, je me demande dans quel puits profond est en train de s'enfoncer ce pays. En même temps, aux Etats-Unis, Monsanto est condamné deux fois pour avoir provoqué des cancers...
Il faut que j'arrête de m'énerver... D'ailleurs, dans le prochain numéro, celui de l'été, vous lirez ma dernière chronique : je change d'outils, et j'abandonne (un peu) la sarclette, pour la louche et les grandes casseroles ! Projet "p'tit resto bio végétarien" que vous pourrez suivre (et soutenir !) sur ulule.com(fr-ulule.com/encatimimi-2).